Des outils pour créer un webdocumentaire

Gaëlle Engelberts

Pour ceux qui sont nuls en programmation (comme moi!) voici une liste d’outils destinés spécifiquement à la création de webdocumentaires:

Conducttr propose la création d’oeuvres interactives basées sur l’envoi de courriels et de messages sur les réseaux sociaux. Les “personnages” de l’oeuvre communiquent ainsi directement avec les interacteurs. Cela permet de créer une oeuvre qui s’incorpore au réel puisqu’elle se base sur des outils numériques que l’on utilise au quotidien.

Djehouti est un programme en ligne basé sur le HTML5 qui permet de créer une structure narrative avec de la vidéo, du son, des images et du contenu du web (rss feed, youtube, google maps, wikipedia, etc). Le montage ne se fait pas sur une timeline, mais plutôt à partir d’une structure arborescente qui lie les pages entre elles. C’est gratuit pour le premier projet. À noter que Djehouti va bientôt se transformer en l’outil Racontr.

Flixmaster est un programme en ligne qui permet de créer des vidéos interactives où l’interacteur doit faire des choix narratifs à des moments-clés du film. L’action s’arrête et il faut décider entre deux alternatives. Le format est imposé à l’auteur qui ne peut utiliser que de la vidéo. Le premier projet est gratuit.

The Korsakow System est un logiciel opensource pour créer des films interactifs qui repose sur une narrativité aléatoire. L’oeuvre est divisée en SNU (Smallest Narrative Unit) d’une durée de quelques secondes à quelques minutes. Les SNU sont reliés entre eux par des règles établies par l’auteur et une certaine part d’aléatoire. L’auteur décide donc des règles du jeu, mais il ne peut pas tracer le parcours exact de l’utilisateur.

Klynt est un logiciel basé sur le HTML5 qui permet de créer une structure narrative avec de la vidéo, du son, des images et du contenu du web (rss feed, youtube, google maps, wikipedia, etc). Les pages de l’oeuvre se construisent sur une timeline et le contenu est compatible avec des tablettes numériques. L’édition PRO coûte 500 euros.

Popcorn Maker est essentiellement un outil de remix, créer par Mozilla. Ce programme permet d’ajouter du contenu à des vidéos et de l’audio déjà téléchargé sur Internet. On peut ensuite y ajouter du texte, des cartes géographiques, des tweets, etc.

Zeega est un programme en ligne où l’on organise et créer des histoires à partir de vidéo, d’images et de sons déjà téléchargés sur le web dans des sites précis tels que YouTube, Picasa et SoundCloud. Son utilisation est gratuite.

Et voici maintenant quelques programmes destinés à la création de jeux, mais qui pourraient être utilisés en webdocumentaire:

Multimedia Fusion 2 permet de créer sans connaissances en programmation des jeux et des oeuvres interactives en 2D. Ce programme offre toutes les possibilités nécessaires à la création d’un webdocumentaire (photo, vidéo et son) en plus de permettre d’animer des objets et intégrer des concepts de ludification (score, niveaux, etc).

CraftStudio permet la création de jeux en 3D sans avoir besoin de coder. L’esthétique demeure celle du jeu, mais il est possible de créer un monde virtuel basé sur le monde réel. Il y a une version gratuite et une autre avec plus de possibilités à 30 euros.

Quelques autres programmes à explorer: GameMaker, Construct et Stencyl

En espérant que cela vous est utile!

About these ads

15 comments

  1. Pingback: Des outils pour créer un webdocumentaire » Dellaplane
  2. laurent

    Parmi les outils pouvant servir à la création de webdocs, Hype (http://tumult.com/hype) a une place à part. C’est le Flash du HTML5, un outil en constante évoution. Il permet déjà de créer des modules interactifs complexes avec de la vidéo, du son. L’emploi de routines javascript permet encore d’étendre ses possibilités. Ses auteurs sont très réactifs et apportent une aide rapide sur un forum dédié relativement dynamique.

  3. laurent

    C’est un outil qui peut se révéler très puissnat. Il faut aller faire un tour sur le forum (http://hype.desk.com/) qui donne plein de tuyaux sur les utilisations très variées.

    Dans les outils, on peut aussi ajouter les frameworks Baker (http://bakerframework.com/) et Laker Compendium (http://www.lakercompendium.com/). Ils permettent tous les deux à patir de fichiers html (et donc html5) de créer gratuitement des magazines interactifs pour ipad publiables sur l’app store ou sur le kiosque. Imaginez un magazine interactif créé à partir de pages à l’interactivité enrichie produite par Hype…

    Dans un autre genre, il faudrait aussi suivre NTEO (http://www.nteo.ca/), société montréalaise qui planche depuis un moment sur un outil permettant de créer des livres intelligents et des applications multimedia. Il n’y a rien sur leur site à part leurs coordonnées mais je les ai rencontrés à Montréal à l’automne dernier et la démonstration qu’il m’avait fait de leur outil était assez impressionnante.

    • Gaëlle Engelberts

      Des pistes très intéressantes, je vais y jeter un coup d’oeil!
      Et le projet de NTEO m’intrigue. Ont-ils annoncé une date de lancement?

  4. laurent

    Non, hélas, je n’ai pas de nouvelles. Soit le projet est au point mort, soit ils le fignolent encore. N’hésitez pas à m’envoyer un mail, je pourrais vous parler de la démo que j’ai vue.

  5. laurent

    Bonjour David (j’attends avec Impatience Fort MacMurray dont m’a parlé P. Lamarre en février)
    Tout dépend de ce dont vous avez besoin.
    C’est une sorte de powerpoint (dis comme ça, ce n’est pas très attirant) dans le sens où chaque projet est consitué par une succession de slides. La comparaison s’arrête là. Individuellement, les slides s’organisent autour d’une animation principale strucuturée sur une timeline et de time lines secondaires qui sont déclenchées par des boutons sur la ligne de temps principale. Ca, c’est la base. Ensuite, l’utilisation de routine javascript permet d’intégrer n’importe quelle fonction spécifique.
    Le gros inconvénient à mon sens est commun à tous les projets html5 ; l’impossibilité du plein écran. En revanche, si vous prévoyez quelque chose pour tout appareil à définition fixe (tablette, téléphone), c’est parfait.
    A mon sens le principal avantage est la facilité d’utilisation de l’outil et la possibilité d’en étendre les capacités via java script. Autre atout non négligeable, les créateurs du logiciel sont très à l’écoute des suggestions des utilisateurs.
    Pour moi, Hype se situe très bien dans une chaîne de fabrication dont il constituerait le socle. On peut lui ajouter des modules créés par Construct 2 cité dans l’article. Construct intègre des mécanismes propres au jeu comme un moteur de physique et possède un langage de programmation détaillé qui permet des choses très poussées comme Flash permet de le faire. La communauté autour de Construct est aussi très dynamique et le logicile évolue très vite (a peu près une beta par semaine depuis un an et demi avec à chaque fois des ajouts de fonctions majeures).
    Les pages ainsi créées avec Hype et Construct peuvent être compilées pour sortir directement des application ios ou Android (via cocoon JS ou Phonegapp) mais aussi des modules autonomes publiables en ligne.

    Construct 2 (Windows uniquement) et Hype (Mac uniquement) sont payants. A eux deux, on dépasse à peine les 150$. Chacun dispose de sa version de démonstration.

  6. David Dufresne (@davduf)

    Rebonjour Laurent,

    Oh que oui, ça aide!

    En fait, je cherche avant tout des programmes d’écriture interactive (je suis un fan absolu de Scrivener), et suis à l’affut de tous nouveaux outils du même genre. J’ai regardé http://www.nevigo.com/en/articydraft/overview/ qui semble diabolique mais sur… PC.

    Hype me semble fort puissant mais finalement ne répond pas exactement à ce que je cherche. Disons que j’aimerais bien expérimenter quelques écritures de jeux (politiques, policiers) simples pour iOS… Or, tout ce que je vois, comme http://www.stencyl.com, semble plutôt orienté jeux de plateforme à l’ancienne.

    Des idées ?

    Pour Fort McMoney, si tout va bien, une bande annonce va arriver mais chut :-)

  7. laurent

    (je commente en plusieurs fois, trop long)

    David,

    Hype est présenté, y compris par ses créateurs, comme un outil pour créer des animations. C’est à mon sens extrêment réducteur puisqu’il permet d’emboiter des systèmes simples qui au final, peuvent déboucher sur des applications complexes et subtiles.

    D’accord avec vous pour Stencyl, trop orienté jeu et finalement assez rigide.

    En revanche, Construct 2 mérite toute notre attention. Lui aussi souffre d’une mauvaise com. Vendu comme un créateur de jeu, il est suffisament puissant et ouvert pour pouvoir faire complètement autre chose avec. Il est facilement extensible grâce à des plug ins et la communauté autour contribue à l’amélioration du logiciel. On peut tout à fait imaginer créer des modèles scientifique avec, des outils d’analyse sémantique… Parmi les plug in, on trouve des trucs aussi divers que des générateurs/lecteurs de QR codes (pour déclencher des actions grâce à la caméra), des outils de reconnaissance de gestuelle pour écran tactile…
    L’outil est suffisament souple pour pouvoir se plier à tous les besoins.

    Pour les écritures interactives simples, il y a InkleWriter (http://www.inklestudios.com/) un outil (gratuit) en ligne permettant de structurer des textes à l’image des livres dont vous êtes le héros. D’ailleurs, leur dernière production est une réactualisation de Sorcery ! le mythique livre interactif de Steve Jackson paru dans les années 80. C’est une interface en ligne, qui produit des fictions (ou pas d’ailleurs) lisible en ligne et contre 5 à 10 $, on convertit votre production en ebook pour Kindle.

    Je remarque que la majorité de ces outils sont vendus sous l’argument “faites des jeux !”, mais qu’en fait ils permettent de faire bien d’autres choses. A l’inverse, des outils présentés comme des trucs horriblement sérieux dédié à l’entreprise peuvent être détournés pour créer des objets ludiques. Vous n’imaginez pas ce qu’on peut faire avec Powerpoint ou Keynote…
    A l’origine, Myst, qui est quand même un jeu mythique, a été développé sur Hypercard.

  8. laurent

    2/3
    Dans les années 1990, des créateurs ont mené des expériences narratives publiées sur CD-ROM qui, à mon sens, n’ont pas encore trouvé d’équivalent de nos jours. Et la mémoire même de ces expériences s’est perdue puisqu’elle ne sont plus lisibles sur nos ordinateurs actuels. Depuis quelques années, avec le webdoc et la redécourverte de l’interactivité, privés de cette mémoire, on réinvente la roue. Et on s’approche à peine de ce qui a déjà été fait il y a 10-15-25 ans avec moins de moyens.

    Parmi ces vieux jalons :
    – 18h39 (1997) : expérience incroyable de plongée quasi archéologique dans une photo. Que s’est il passé exactement à 18h39 lorsqu’à été prise la photo que doit explorer l’utilisateur ? 1839 : invention de la photographie http://fr.wikipedia.org/wiki/18h39 (les trois liens externes à la fin de l’article sont passionnants)
    – Machines à écrire (1996) : Plongée dans les univers de Queneau et Perec à travers tous les jeux possbiles et imaginables autour de l’écriture combinatoire, du hasard et de l’oulipo. Le site de l’UQAM lui avait consacré un . http://www.olats.org/reperes/offline/mai2000/machEcrire.php
    – In Memoriam (2003) : un jeu d’enquête où la fiction se mêle à la réalité. Gros aspect collaboratif. Les joueurs partagent leur progression et s’entraident à travers des forums, peuvent discuter par mail avec des personnages du jeu. A l’époque, Libé était dans le coup et faisait paraître dans ses pages Actu des articles alimentant l’intrigue. http://www.inmemoriam-thegame.com/fr/gam1.htm

    • Gaëlle Engelberts

      Beaucoup d’information, c’est vraiment très intéressant, merci!
      Au sujet des expériences narratives sur CD-ROM, je pense qu’il serait en effet pertinent de s’y pencher. C’est un ancêtre que j’avais oublié d’inclure dans mes recherches, mais qui nous permettrait certainement d’innover davantage. Un professeur de l’UQAM m’expliquait exactement la même chose la semaine dernière. C’est intrigant que l’on fasse très peu référence au CD-ROM dans le monde des webdocs.

      • laurent

        J’ai été dur et un peu injuste en disant que les auteurs de webdocs réinventaient la roue, bon.
        D’un autre côté, on ne peut plus les lire, ces vieux CD ROM. Sinon avec du vieux matériel (ce qui implique que les ordinateurs durent un peu longtemps) et en espérant que les supports ont survécu. Ca illustre parfaitement le problème qui n’ira qu’en grandissant de l’archivage et de la transmission d’un patrimoine. Imaginez que la génération d’aujourd’hui n’a plus accès à tout un pan de la création d’il y a 10-20 ans, à l’époque où la production était moindre ! L’histoire, l’évolution opère un tri. Le sujet est abordé par Jean Claude Carrière et Umberto Eco dans un bouquin passionnant, “N’espérez pas vous débarrasser des livres” (http://www.telerama.fr/livre/umberto-eco-internet-encourage-la-lecture-de-livres-parce-qu-il-augmente-la-curiosite,47983.php)

  9. Pingback: Des outils pour créer un webdocumentair – Le bloc-notes de Wilfrid Estève

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s